Dans le feu de l’action.
Le feu de l’action. Le vendredi et le samedi soir Ă Candeleda (province d’Avila – Espagne), en plein milieu des fĂŞtes estivales, la commune organise chaque annĂ©e une course assez spĂ©ciale. Deux soirs de suite, quelques-uns des plus vaillants habitants du village et de la rĂ©gion se retrouvent autour d’une place aux environs d’une heure du matin. L’ambiance se rĂ©chauffe; les marmots encapuchĂ©s et le visage couvert d’un foulard convergent vers le coin d’une rue. Un homme sort d’un garage vĂŞtu d’une combinaison ignifugĂ©e et d’un casque. Il est entourĂ© et protĂ©gĂ© par une foule qui forme un cercle autour de lui. Il avance tel un animal brave, provocant la fascination et la crainte. L’un des accompagnateurs porte fièrement une armature de bois, couverte d’explosif et qui symbolise le taureau. Il la place sur ses Ă©paules. La foule s’agite et commence Ă s’éparpiller alors que les jeunes encapuchĂ©s persistent Ă ses cĂ´tĂ©s. L’accompagnateur procède Ă l’allumage: le taureau de feu peut commencer sa course folle. EscortĂ© d’une horde de types dĂ©fiant la poudre et les flammes, le toro charge tout ce qui se trouve sur son passage faisant fuir les moins valeureux vers les rues adjacentes. Des guirlandes d’explosifs se consument crachant par salves pĂ©tards et fusĂ©es au milieu de la foule enthousiasmĂ©e. Les fusĂ©es « bourrĂ©es » tournoient en l’air, rebondissent sur le sol, sur les murs ou les corps de ceux qui sont restĂ©s au plus prĂ©s de cette Ă©trange crĂ©ature nocturne ; au plus prĂ©s, dans le feu de l’action.






